Pas de procès pour le meurtre d’une mère de famille survenu en pleine réunion virtuelle

Écrit par le 4 novembre 2026

Le mystère entourant le meurtre d’une mère de famille alors qu’elle était en pleine réunion virtuelle à Montréal, en septembre dernier, est condamné à perdurer puisque l’accusé est décédé en détention lundi dernier.

« Je trouve ça bien dommage parce qu’on n’aura pas de réponse par rapport à ce qui a pu se passer. J’aurais aimé comprendre le pourquoi », s’est attristée Marie Gagnon, une amie proche de Leïla Ben Salem, 45 ans.

Cette dernière, mère d’un garçon de 12 ans, a été battue à mort avec un objet contondant le 22 septembre dernier alors qu’elle se trouvait chez elle, sur le boulevard René-Lévesque Est, dans l’arrondissement Ville-Marie.

C'est dans ce logement en rénovation que le meurtre a eu lieu. Photo d'archives Agence QMI, Maxime Deland

C’est dans ce logement en rénovation que le meurtre a eu lieu. Photo d’archives Agence QMI, Maxime Deland

Fonctionnaire, elle suivait une formation par visioconférence pour son emploi, à l’Agence du revenu du Canada, quand son agresseur s’est présenté chez elle.

Mort en prison

Il avait fallu attendre jusqu’au 15 octobre pour que des accusations de meurtre prémédité soient portées à l’endroit de Youcef Moussaoui, qui avait alors 33 ans.

Selon nos informations, celui qui était détenu à l’Établissement de détention de Montréal (Bordeaux), en attendant son procès, a été hospitalisé le 22 octobre. Il aurait voulu mettre fin à ses jours et n’a pas survécu.

Le Bureau du coroner a confirmé avoir été avisé du décès le 2 novembre et qu’une investigation était en cours.

Youcef Moussaoui, accusé d'avoir tué Leïla Ben Salem en septembre 2026, a été retrouvé mort en détention. Photo tirée de Facebook

Youcef Moussaoui, accusé d’avoir tué Leïla Ben Salem en septembre 2026, a été retrouvé mort en détention. Photo tirée de Facebook

Un mystère à jamais ?

Les circonstances entourant le drame et les motifs du meurtre allégué sont nébuleux, et risquent de le rester à jamais.

« On m’avait dit qu’il y avait une petite piste monétaire, mais à quel niveau je ne sais pas », a rappelé Marie Gagnon.

Le 16 octobre, La Presse avait dévoilé qu’un « litige financier » aurait figuré parmi les principales hypothèses des enquêteurs.

La relation entre Moussaoui et Mme Ben Salem n’était pas de nature conjugale selon le Service de police de la Ville de Montréal. L’accusé n’avait aucun antécédent criminel et en était à son premier séjour derrière les barreaux.

Conditions « inacceptables »

Selon l’expert en criminologie Jean-Claude Bernheim, les détenus « incarcérés pour la première fois pour des crimes contre la personne sont plus vulnérables au suicide que la moyenne des détenus et les autorités sont au courant ».

Selon lui, le poids psychologique du crime peut faire partie des motivations à en finir, « mais c’est souvent combiné aux conditions de détention. Le choc de la prison, c’est très brutal ».

Youcef Moussaoui était emprisonné dans un secteur où se trouvent les détenus les plus à risque et ne pouvait sortir de sa cellule plus de deux heures par jour, « quand le nombre d’effectifs le permet », d’après nos informations.

Les conditions y seraient « inacceptables pour un être humain », toujours selon nos sources, qui parlent d’insalubrité, de système de caméra désuet et d’un menu alimentaire sous le seuil du guide alimentaire.

L’homme y aurait été placé en observation, en raison de la nature de son crime et en attendant de voir dans quel secteur il pourrait être intégré.

– Avec Laurent Lavoie

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Source: https://www.journaldemontreal.com/2026/11/04/pas-de-proces-pour-le-meurtre-dune-mere-de-famille-survenue-en-pleine-reunion-virtuelle


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